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Les Editions de la Méduse et Eric Bourdon

Diplôme d’honneur littéraire – 9ème Concours International  "Regards 2007"

 

 

Décerné le 19 mai 2007 à Nevers

 

    

 

Les Voleurs d’Enfant

 

Roman (Thriller)

 

170 p, 15 euros (frais de port compris) 

 

 

 

Pour commander ce livre, veuillez envoyer un

chèque de 15 € (port compris)

à l’ordre de: "LA MEDUSE ", à

 

La Méduse,

 

18 rue Anatole France,

 

59800 LILLE

 

 

conditions et expédition à l'étranger:

Les livres sont généralement envoyés sous 48h après réception du chèque. Ajoutez 5 euros si vous désirez une expédition en recommandé. Les tarifs ne varient pas pour l'étranger. Hors France, pas de chèque; l'envoi d'euros ou de dollars américains équivalents par la poste est sous votre responsabilité. Pour toute question, merci d'utiliser le mail: contact @ ericbourdon . com    

 

 

 

      Lorsque Clarck Jannings apprend que son fils, Mike, est parti dans l’épouvantable secte des ‘Clarificateurs’, la réalité prend pour lui l’allure d’un véritable cauchemar.

      Mais lorsqu’il entre dans une association familiale de lutte contre les sectes, Clarck trouve enfin une parole réconfortante : il pourra récupérer son fils ! Et aussi recruter d’autres parents qui travailleront avec lui pour empêcher que toujours plus d’enfants ne disparaissent...

      C’est alors que Miss Horseface, directrice rigide de l’association, lui révèle les fondements mystiques de sa bataille acharnée contre les sectes. Des théories qui le fascinent de plus en plus, et qui donnent enfin un sens à la douleur qui le submerge.

          Comme le dit Miss Horseface, les sectes se cachent toujours là où on ne les attend pas...

 

 

 

Quelques-uns des commentaires de lecteurs adressés à l'éditeur ou par le site, et transmis à l’auteur qui les a lus et vous en remercie chaleureusement...

 

 

     Dès que j’ai commencé, j’ai été accroché par votre texte. Le sujet m’intéresse, j’ai trouvé pas mal de passages avec un humour très corrosif [...] Il y a aussi certains passages descriptifs assez fins et une réflexion intéressante sur la secte comme une sorte de religion appliquée.

 

     L’une des réflexions que je me suis faite après avoir lu votre livre, c’est que notre société laïque [...] a un problème majeur dans sa réflexion sur le problème des sectes. Elle n’a – par définition – que très peu de moyens de juger le contenu de la doctrine ou de la pratique d’une secte et ne peut que s’engager sur des éléments plus formels comme le rapport de la secte à l’argent, la question de savoir si la secte sépare les familles, si elle opère des « lavages de cerveau », etc. Mais ces critères ne fonctionnent pas bien si on les isole de la question « toute bête » de savoir si ce que la secte assigne est vrai ou pas.

 

          Daniel, responsable dans une association humanitaire.

 

 

     Du point de vue de l'écriture, c'est un vrai livre qui se lit d'une traite, parce qu'il sort des tripes comme un cri. Pascal a dit "La vraie éloquence se moque de l'éloquence". Je pense que c'est vrai quand on a vraiment quelque chose à dire [...] Quant aux sectes, comme les sceptiques, je "suspends" mon jugement ! En tout cas, c'est un vrai livre, bien écrit, dans un style alerte et vif. Félicitations.

 

          G., psychologue.

 

 

     je voulais vous dire que j'avais apprécié votre texte [...] très intéressant et remarquablement écrit. [...] le témoignage d'un auteur à autre auteur me semble un petit signe nécessaire et qui fait du bien dans la vie.

 

          Chantal, écrivain.

 

 

     Vous décrivez d'une manière vivante ce que les sociologues peuvent dire à propos de la panique sociale engendrée par les mouvements antisectes à propos des groupes religieux minoritaires.

 

          R., Maître de conférences en psychologie.

   

 

                           

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"BONUS"

       Les références des sections suivantes sont celles de livres ou de sites internet. Elles sont données ici à titre indicatif, pour évoquer dans l’actualité des pistes possibles où l’on pourrait retrouver la problématique du roman. Les sources sont clairement indiquées à chaque fois, et il sera bien plus intéressant encore de consulter ces livres et sites en entier, afin d’évaluer leur pertinence et de vous faire ainsi une idée par vous-même.

 

       Un mythe, propagé par des associations anti-sectes, voudrait nous faire croire que celles-ci n’ont aucune origine, aucune histoire, aucune idéologie, et qu’elles se contentent de relever les faits avec une objectivité éclatante. Les auteurs et références ci-dessous affirment le contraire. Ces associations ont une origine identifiable, des développements historiques riches et intéressants que l’on peut retracer avec précision, et une idéologie (deux idéologies majeures, en fait) parfaitement identifiable et subjective au plus haut point. Bref, elles ont une histoire, assez passionnante d’ailleurs.

 

 

Cliquez sur les liens du menu suivant pour accéder directement à la section qui vous intéresse :

 

 

 

1. Extraits du livre

2. Interview de l'auteur

3. Des sectes "anti-sectes" en France?

4. L'AFF ou ICSA, modèle américain de la secte "anti-sectes" 

5. Mouvements "anti-sectes" aux USA et en France

 

 

 

 

 

1. Extraits du livre

 

 

                   Mais alors pourquoi avait-il changé d’avis ? Pourquoi avait-il décidé de parler à ses parents ? Clarck, encore immobile devant son téléphone, était perplexe mais il était bien décidé à élucider cette énigme. Qui n’en était pas une, évidemment, la réponse étant d’une extrême simplicité.

                   Les sectes attiraient les gens, le maximum de personnes ; elles ne répugnaient à rien. La secte avait convaincu Mike de dire à ses parents ce qu’il faisait dans cette organisation à Boston. La raison apparente était qu’il devait leur accorder une chance, au moins. Tenter de leur faire confiance. La véritable raison était bien sûr beaucoup plus intéressée : attirer deux adeptes de plus, et engloutir par la suite le reste de la famille dans cet engrenage infernal dont parlaient tous les journaux.

                   D’ailleurs Clarck n’avait-il pas demandé à son fils si ça lui ferait plaisir qu’il essaie lui-même les techniques qu’évoquait Mike à mi-mots ; à quoi Mike avait répondu qu’il faisait comme il voulait mais que ça ne le dérangerait pas, avec dans la voix une trace d’ironie qui n’avait pas échappé à son père.

                   N’était-ce pas là les prémices incitatives qui introduisaient l’imminent, le fameux « engrenage sectaire » ? Car on ne pouvait plus ne pas savoir : les journaux prévenaient sans cesse contre les premières invitations dans l’engrenage des sectes. Il fallait refuser dès le début. Après, c’était trop tard.

 

p.15-16

                   Miss Horseface les fit entrer dans son bureau, où deux chaises en bois de teck les attendaient, en face de la sienne. Entre eux, un bureau noir sur lequel luisait une grande plaque de verre. Rien d’autre, sur ce bureau, si ce n’était deux feuilles de papier, un stylo-plume noir et or et un rectangle en carton, plié en deux et disposé sur la longueur, où on pouvait lire : « L’AIDEREZ-VOUS ENCORE ? ». Derrière le bureau, à droite, un vieux cadre avec la photo d’un enfant très jeune reposait sur le rebord de la fenêtre. Un crucifix discret était planté sur le mur, au-dessus du visage dur de Miss Horseface qui, assise devant eux, souriait en entrecroisant ses mains de cire sur la surface de verre.

                   « Je vais vous dire qui vous êtes, commença Miss Horseface, et ce que vous faites ici. » Clarck Jannings esquissa un geste mais avant qu’il eut prononcé un seul mot, Miss Horseface le coupa net, souriant encore un peu plus :

                   « S’il vous plaît, voulez-vous ? Je vous connais "par coeur", je vois défiler des parents désespérés comme vous à longueur de journée. Et je sais qui vous êtes. Vous êtes... des parents adorables qui aimez votre enfant comme personne. Et soudain, pouf !, pour on ne sait quelles raisons obscures, il tombe dans une secte et disparaît. Vous essayez de l’aider, comme vous l’avez toujours fait, l’excuse est excellente, la secte en profite, vous fait passer pour d’horribles parents intolérants et coupe les ponts entre vous et votre enfant. Et cela, à tout jamais. » 

 

 

                   Les traits de Miss Horseface se resserrèrent. Ses yeux prirent une lueur vive du genre je-sais-de-quoi-je-parle-je-connais-la- chanson.

                   « Mike ne coupera pas les ponts avec vous. Il ne le veut pas. Vous l’aimez, n’est-ce pas, comment pourrait-il ne plus vouloir de vous ? Rassurez-vous. Il ne le veut pas. Eux, LA SECTE, le fera pour lui, car vous l’aimez, et eux, LA SECTE, le sait. Vous êtes pour eux LE PLUS GRAND DANGER. Vous seuls pouvez l’aider, car vous le connaissez mieux que personne, et vous savez que son caractère ne correspond pas à leurs théories bidon d’amélioration du mental ou de je-ne-sais-quelle-fu-mi-ste-rie ! Ce qu’ils vous font subir est proprement dégoûtant. Vous seuls le connaissez assez bien pour savoir qu’il fait une bêtise. Bien mieux qu’il ne se connaît lui-même ! Vous êtes par conséquent leur plus grand ennemi et la seule solution dont Mike dispose encore à l’heure qu’il est.

 

                                                                                                       p.60-61

 

 

 

 

 

 

                   « Toute religion étrangère à la Sainte Eglise Catholique s’appuie sur une erreur fondamentale, quelle qu’elle soit ; cela, Monsieur Jannings, en tant que chrétiens, est notre intuition. Nous pouvons en déduire que, malgré ses apparences, tout autre système, aussi séduisant soit-il, qui se nomme "religion" est une secte. Sans nous montrer racistes, ou intolérants, nous détenons cette merveilleuse clef pour la compréhension des choses. Cela veut dire qu’aussi belles que soient les apparences d’un autre système que le nôtre, si l’on recherche les indices de sa perversion intime, on finit par les trouver ! Cette vérité peut être claire, consciemment, pour vous qui êtes théologien. Elle est cependant présente, d’une façon ou d’une autre, dans l’inconscient de chaque chrétien qui assume son christianisme.

 

                   « Et cette vérité, reprit Miss Horseface qui ne s’arrêtait pas de parler avec une fluidité étonnante, cette vérité se vérifie, croyez- moi ! Toute notre association est bâtie dessus, car les bases du christianisme sont bien sûr la meilleure façon d’aider nos prochains. Pour éviter la provocation et les débats futiles, nous évitons bien évidemment de les mettre en avant dans ce qu’elles ont de rigoureusement théorique. Mais en tant que chrétiens il serait stupide de laisser à l’abandon les précieuses et uniques vérités dont d’autres que nous ne disposent pas, ou dont ils ne veulent pas disposer.

                   « Mais que disais-je, déjà ? Oui, cette vérité se vérifie à travers les multiples témoignages de parents, comme vous, atrocement malheureux, et que je rencontre régulièrement. On finit toujours par trouver, si on les cherche vraiment avec objectivité, les saloperies, excusez-moi du terme mais sachez qu’il est trrrèès loin d’être assez fort, dont se rendent sans cesse coupables ces ordures. Et laissez-moi vous dire que, quatre-vingt dix fois sur cent, ils ne recherchent en réalité, derrière les apparences, que le fric. D’ailleurs, ils font payer leurs services. C’est horrible... »

 

                  Le regard de Miss Horseface se perdit dans le vide, et l’incessant flot de paroles qui avait baigné l’obscur bureau depuis qu’elle avait commencé à parler s’arrêta net. Après ce monologue ininterrompu, le silence provoquait un contraste bien plus apaisant encore qu’il n’était gênant.

 

 

 

                   Miss Horseface ne disait plus rien et ne bougeait plus. Ses yeux fixaient imperturbablement la clef de la porte du bureau, derrière le couple attentif. Clarck s’était retourné deux fois pour constater pourtant que personne n’était là derrière eux.

 

 

                  Puis Miss Horseface sembla reprendre vie d’un coup, ce qui fit sursauter Clarck sur sa chaise. Elle ouvrit le tiroir du bureau dont elle sortit cinq livres de formats différents.

                    « Voici quelques bouquins, Monsieur Jannings, que vous feriez bien de consulter. Ils sont écrits par quelques grands catholiques ayant passé leur vie à aider les jeunes gens à sortir des sectes, et par quelques psychologues avertis, du même acabit si-je- puis-dire. »

                   Elle étouffa un rire puis reprit, tout en poussant les deux feuilles posées sur le bureau dans leur direction, et en leur tendant le stylo à plume d’or :

                   « Et ces fiches sont des contrats d’adhésion. Si vous voulez nous aider à aider d’autres jeunes gens comme votre petit Mike à sortir des sectes épouvantables dans lesquelles leur vulnérabilité les a piégés, vous pouvez choisir différentes formules.

                   « Au choix : cotisation annuelle $500 par an et par personne, cotisation pour dix ans $4000,  don selon votre convenance personnelle et l’importance que vous accordez à cette-grande-tâche-qu’est-celle-d’aider-tous-les-enfants-du-monde, ou encore un engagement à venir travailler avec nous pour en aider toujours de plus en plus. Et sans limite ! Ces choix sont bien sûr cumulables : vous pouvez offrir votre cotisation tout en travaillant à nos côtés. Selon votre convenance. Et ces quelques livres sont vendus $50 chacun. Clair, et simple. Une seule question : les aiderez-vous ? »

 

 

                                                                                                         p.64-66

 

 

 

 

 

 

                   Mike venait d’apprendre à son père qu’il partait. Où ça ? Loin. Comme toujours. Evidemment. Les-sectes-séparent-les-familles. Canada. Québec. Loin... où que ce soit, du moment qu’ils ne puissent plus avoir de contact (c’était le principe).

                   Plus loin que New Bedford, au-delà de Provincetown, plus loin que Brockton, plus loin même que Boston, et même pas en Amérique ! C’était pour le moins étrange, mais Clarck se souvenait avoir vu King-Kong au cinéma, et l’enserrement de Fay Wray dans les mains géantes qui se refermaient en l’asphyxiant progressive- ment était, très précisément, le sentiment qu’il ressentait à cet instant. Car il ne pouvait strictement RIEN FAIRE.

 

                   La bonne excuse de Mike était que, comme il avait eu l’impression la dernière fois que leurs relations s’étaient vraiment rétablies et que la confiance et la tolérance étaient revenues, il pouvait bien utiliser le téléphone (pour leur apprendre la dernière).

                   Les sectes agissaient comme des planteurs de clous : elles tapaient une fois, le clou s’enfonçait, elles tapaient deux fois, le clou s’enfonçait encore mieux, encore une fois, le clou s’enfonçait toujours un peu plus loin et plus facilement... ça marchait avec les adeptes, ça marchait avec leur famille. Quand on réagissait, c’était trop tard. Espèce de sinistre crétin, se disait Clarck en lui-même, si on n’a pas réagit brutalement, ta mère et moi, c’était pour ne pas donner un prétexte à ces salauds de te couper de nous définitivement... C’était beaucoup trop pour Clarck. Il faillit craquer. Mais il se reprit : bas-toi, bas-toi, ne les laisse pas faire : si on ne veut pas s’enliser jusqu’au fond, c’est comme dans les sables mouvants, il ne faut pas bouger, il faut se montrer souple, ne pas le contrarier, calme-toi. Sinon ils vont l’avoir.

 

 

(et puis, qu’est-ce qu’on va penser de nous, hein, QU’EST-CE QU’ON VA PENSER DE NOUS ?!!!)

 

                                                                                                              p.78 

 

 

                   A Boston, lorsque Clarck, Mary et Mike n’étaient encore qu’à la hauteur de la Station Nord, l’une des deux plus grandes stations de trains de l’Etat, Clarck avait presque failli, sans s’arrêter, repartir en direction du sud-est vers Cape Cod. Il ne connaissait pas bien les rues de Boston mais il aurait pu, tout au moins, essayer de revenir à Falmouth en se fiant aux indications les plus voyantes... Mike n’aurait pas su descendre. Il l’aurait ramené à Falmouth. Clarck mourait d’envie de le faire. 

                   Il ramènerait Mike à la maison. Ce serait comme avant. Les voisins ou la famille lui diraient :

 

                   « Alors, vous avez repris votre fils à une secte ? Quelle horrible tragédie ça a dû être ! Mais quel brave père vous faites... » Il aurait rougi et répondu :

 

                 « Oh, vous savez, ce n’est rien, il suffit d’un peu de courage et de persévérance, de savoir ce que l’on veut et de ne pas se laisser faire. » Il aurait repris son fils à une secte de Boston... et passé peut- être, avec lui, à la télévision chez Jack Prodol et ils auraient pleuré ensemble. Qu’est-ce qu’on aurait pensé d’eux ! Mike, dans ses bras, lui aurait demandé pardon mille fois et il lui aurait pardonné...

 

                   Mais Mike, assis à l’arrière de la vieille Buick, aurait peut- être sauté devant et arraché les clefs du contact. S’ils avaient eu un accident, Clarck aurait dit aux policiers qu’il essayait de sortir son fils d’une secte, ils auraient souri, ils auraient compris, et en essuyant une larme ils auraient emprisonné Mike jusqu’à ce qu’il se calme et il aurait vu un psychiatre qui l’aurait aidé et... 

 

                   Non. Mike aurait réagi, à cause de l’engrenage sectaire, c’est sûr... C’était terrible ces choses-là ; ça vous arrivait, et pouf ! Ces enfoirés devaient contrôler Mike, même à distance. La preuve, ils l’avaient laissé sortir et les accompagner. Ils avaient même accepté de le laisser monter dans la Buick et Clarck aurait pu aller n’importe où avec lui s’il tournait ce satané volant dans la bonne direction. Mike devait être manipulé au plus profond de son être pour qu’ils l’aient laissé partir aussi facilement.

                   La prudence, lui avait rappelé maintes et maintes fois la vieille Horseface, la prudence. Clarck ne voulait pas d’une solution de courte durée. Même ramené de force à Falmouth, Mike était trop fragile : il retournerait (quelle tête de mule !) à Boston.

                   Tenter par la force d’obtenir de lui une attitude raison- nable était l’occasion en or qu’attendait la secte pour séparer l’adepte de sa famille. Et cette occasion, Clarck ne la leur donnerait pas, car ils étaient les principaux ennemis de son fils. Mike ne se doutait pas, à son jeune âge, que ses ennemis les plus nuisibles étaient cachés parmi les amis en qui il avait le plus confiance. Et dans ce nid de vipères, Clarck et Mary étaient ses seuls amis véritables. C’était pour cela qu’on voulait le faire partir très loin. La présence de ses parents ne pouvait qu’être nuisible pour les projets de la secte. C’était une menace pour la continuité pure et simple de l’embrigadement de l’adepte.

 

 

                                                                                         p.93-94

 

 

 

 

 

                   Cette nuit-là, Clarck fit encore un de ces cauchemars étranges et récurrents, dont seul son inconscient avait le secret. Un rêve avec des clefs, des portes et Clarck enfant. Clarck voyant la petite poupée de son enfance avec lui sur le sol de la cuisine maternelle, dans ses bras. Puis la poupée lui glisse des mains et se dirige lentement, maladroitement, dans une autre pièce. La porte claque. La clef tremble et la porte s’entrouvre sur une gigantesque poupée, absurde et repoussante, sale et puant le whisky à plein nez.

 

                   Puis la poupée redevenue petite et magnifique lui échappe des bras à nouveau et retourne dans une autre pièce, et le cauchemar recommence. Et recommence. Et recommence. Et d’autres poupées immondes toujours plus nombreuses arrivent de tous côtés. Parfois, plusieurs d’entre elles se présentent à la même porte, toutes identiques, avec toutes la même odeur oppressante de whisky.

 

                   Si Clarck Jannings n’arrive pas à les chasser, il a du moins su élaborer avec le temps une astuce pour ne pas les faire apparaître : maintenir dans ses bras aussi longtemps qu’il le peut sa petite poupée magnifique. Mais sa poupée veut fuir, elle se plaint et gémit. Clarck sait pourtant qu’il doit la protéger, que sans ça elle sera en danger, que sa véritable sécurité est dans ses bras, sinon elle deviendra une grande poupée hideuse à l’odeur de whisky. Mais cette solution fonctionne de moins en moins. Car parfois même, dans ses bras, la petite poupée meure de ne pas pouvoir partir.

 

                   Et à ce moment-là les grandes poupées immondes reviennent toutes seules…

 

 

                                                                                              p.122-123

 

                                                                                       

 

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2. Interview de l'auteur

 

« Une association anti-sectes qui, en incitant un couple américain à tenter, par tous les moyens, de faire partir leur fils d’une soi-disant ‘secte’, forcera celui-ci à couper les ponts avec eux pour sauvegarder un minimum de liberté ! »

 

Extrait d’une interview du 3 août 2006, de Natacha Mabrielle pour les Editions de La Méduse.

 

 

« Monsieur Bourdon, votre roman Les Voleurs d’Enfant vient d’être publié. Il s’agit d’une ‘histoire de sectes’ qui se déroule aux Etats-Unis, d’un genre particulier puisqu’elle va plus loin que les histoires ‘traditionnelles’. Elle évoque une secte qui se cacherait bien plus que les autres, une secte des plus terribles puisqu’elle se cache derrière une apparente activité de lutte contre les sectes ; c’est un piège redoutable ! 

 

- C’est ce qu’on attend d’une secte, en général, qu’elle se cache toujours plus, toujours mieux qu’on ne l’imagine...

 

- Votre personnage principal, américain, a un goût particulier pour la culture française, même s’il n’en connaît presque rien, il peut à peine citer le nom des philosophes auxquels il pense, il est plutôt grotesque. A la fin du livre il y a même une petite ‘pique’ contre la politique française face aux sectes. Ce livre est-il une critique de la peur de la France face aux nouvelles religions, face à la différence ?

 

- Oh, il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, cependant, pour dire la vérité, ce sujet ne m’obsède pas réellement, les choses évoluent doucement, à leur rythme... Je me suis intéressé au sujet... C’était l’occasion d’un roman ! Les Voleurs d’Enfant est franchement une pure fiction. En fait je voulais créer un roman avec une structure tragique assez fascinante, et dans ce sens je peux utiliser certaines réalités politiques pour m’inspirer ou former le contenu de l’histoire, mais le roman... Je ne suis pas spécialement un créateur ‘engagé’ au sens classique, je ne suis pas au service de la réalité, je me sers de la réalité pour construire une oeuvre.

 

- Vous prenez ce que vous trouvez dans la réalité pour vous en servir ?

 

- C’est exactement ça ! Je prend ce qui m’intéresse, je le recompose à ma manière, le mélange à d’autres éléments, j’y rajoute une quantité de choses purement inventées, je vois ce que ça donne...

 

- Et si vous pouvez les citer, quelles sont les choses essentielles qui, dans la réalité, ont pu vous inspirer le plus fortement ?

 

- Plusieurs choses...

 

- Prenons la première, la toute première !

 

- Au départ, il y avait, vous savez, cette histoire de « commission » mandatée par l’assemblée nationale, qui avait pour but, en quelques semaines, de montrer du doigt, dans une ‘liste noire’, environ deux cent nouvelles religions, comme étant des organisations purement... criminelles. Sans aucune preuve ! A part l’Eglise Catholique, institutionnelle, les juifs (on peut difficilement leur taper dessus encore une fois), ou les francs-maçons, toutes les formes de religions étaient déclarées ‘sectes’ d’un seul coup ; je crois que c’était en... 1995. Les droits de l’homme disaient ‘nul ne peut être discriminé du fait de son appartenance religieuse, etc.’, et là on avait trouvé la parade ! Ce n’étaient plus des religions, c’étaient des sectes. Dehors ! Dossier bouclé. Sans aucune preuve, de la diffamation pure et simple. Je croyais qu’il fallait apporter des preuves lorsqu’on accusait une personne ou un groupe, et là, non. Attaquer pour diffamation ? Impossible, c’était une liste votée par des députés, je pense qu’il y avait une histoire d’immunité, il aurait fallu faire un procès contre l’Etat lui-même, certains s’y sont aventurés, d’ailleurs, ça n’a pas donné grand chose je crois...

 

- Ça a l’air de vous avoir vraiment marqué...

 

- Bien sûr ! Qui ça n’aurait pas marqué ? Je crois que j’ai pris une énorme claque à ce moment-là, je me suis ‘réveillé’, la France, en matière de justice, était... tellement... Je veux dire, ça n’avait rien à voir avec ses grands idéaux professés dans les médias... Il fallait encore se battre pour convaincre des députés qu’on ne pouvait pas accuser sans preuve ?! On en était là ?

 

- Pourtant certaines de ces ‘religions’ sont véritablement dangereuses ?

 

- Mais bien sûr, et il ne faut leur faire aucun cadeau ! Mais devant les tribunaux, avec des éléments de preuve, des choses incontestables. Je n’ai rien, j’ai tout pour le combat contre les sectes quand il y en a, mais, vous le savez, les choses sont tellement floues à ce sujet, les préjugés sont bien plus nombreux que les ‘sectes’... Bien sûr il y a des sectes, il faut les combattre avec des preuves et non des rumeurs...

 

- Comment en êtes-vous venus à l’écriture du roman lui-même ?

 

- (moment de réflexion) C’était... un peu plus tard, en fait ; j’ai lu plusieurs choses sur, vous savez, un autre côté de l’histoire, ces soi-disant ‘associations familiales’ – la plupart d’entre elles font un travail fantastique ! Mais il y a ce type particulier d’association qui se présente comme une ‘association familiale’, qui se dit ‘antisectes’ et qui de part son intolérance profonde, soit au profit d’une religion soit au profit d’un athéisme agressif, souhaite la destruction de toutes les religions, et en fait manifeste un comportement tout à fait sectaire ! Un comportement qui est tout ce qu’elle reproche à ces ‘sectes’ qu’elle voit partout. Les Voleurs d’Enfant illustre les motivations profondes d’une personne qui va manifester de plus en plus cette intolérance, et la fin du livre dévoile plus clairement l’origine de cette peur dans l’histoire personnelle du personnage principal.

 

- C’était l’exemple type d’une association à l’apparence soignée, qui luttait contre les sectes, et qui n’était perçue par personne comme une secte ? Un exemple type de confusion ?

 

- Oui ! C’est vraiment ça. Vous l’avez bien lu ! Il faut en effet se battre contre les sectes, ça ne doit pas être remis en question, le truc c’est de savoir où elles sont et où elles ne sont pas, et le thème de l’association familiale antisectes qui est en fait la pire d’entre elles est l’exemple parfait de la confusion dans laquelle un système peut tomber lorsqu’il prend les chemins de la rumeur, des préjugés, de la condamnation rapide, plutôt que ceux de la justice.

 

- Et on aboutit là aux Voleurs d’Enfant... ?

 

- Il y a encore une dernière étape, en fait, c’est la construction psychique de l’individu. Le personnage principal. J’avais eu l’occasion, un jour, de parcourir un projet de livre à propos des sectes, de ce qui prédispose à y rentrer...

 

         C’est le dernier, le troisième pilier de la construction de l’histoire. Il montrait en quoi la structure psychique d’une personnalité sectaire, victime ou gourou, était marquée par un côté que l’auteur appelait ‘incestuel’ ; et non pas la plupart du temps, incestueux, ce qui impliquerait un inceste réel, de la pédophilie, etc. ‘Incestuel’ était utilisé par l’auteur pour définir un climat familial de refus permanent d’intimité psychologique, vous savez ce genre de climat familial où, bizarrement, les moindres contacts physiques et signes d’affection ordinaires sont fuis comme la peste, mais où par contre chacun creuse dans la tête de l’autre, exige sévèrement les explications ou les justifications les plus immédiates et les plus complètes de toute initiative, de toute action de l’autre, spécialement celles qui sortent de la routine et du ‘strictement convenable’, ridiculise systématiquement les différences de comportements quand elles se manifestent, les différences de pensée...

 

         Ou bien à l’inverse (le résultat sera le même) on met ces différences de comportement, de vie, en pleine lumière, en simulant l’admiration totale, on les expose comme des pièces rares, que tout le monde a l’absolue obligation de regarder, on exige finalement dans la famille elle-même une identité absolue de pensée et d’attitude et l’empêchement ou la destruction de toutes les divergences lorsqu’elles apparaissent, jusqu’à un âge avancé des enfants qui restent prisonniers toute leur vie du regard et de l’idéologie de leurs parents, et qui n’affirment pas un caractère qui a été, finalement, empêché, infantilisé, opprimé tout au long de leur jeunesse, d’une manière souvent très subtile mais extrêmement concrète... Et dans toutes sortes de familles, même hautement intellectuelles...

 

- C’est ce qui caractérise la personnalité sectaire ?

 

- D’après l’auteur en tout cas c’était clair, d’après ses propres recherches... Ça cadrait tellement bien avec le reste. Cette attitude oppressante du père sur le fils servait à merveille la trame du roman. Pourquoi un tel individu est aussi étouffant, par désir de protection, et pourquoi face à son échec à sortir son fils d’une ‘secte’ il est lui-même attrapé par une vraie secte qui joue sur sa volonté de protéger un enfant, la nourrit, la renforce, et l’utilise [le père] pour recruter et paniquer d’autres parents qui vont devoir eux-mêmes sauver de plus en plus d’enfants...

 

- Sa personnalité paranoïaque collait bien avec la mentalité d’une secte ‘anti-sectes’ qui cherche à protéger le monde contre une collection d’ennemis imaginaires...

 

- En effet, mais attention au mot ‘paranoïaque’. C’est un grand mot ; c’est un penchant qu’on peut retrouver à des degrés plus inoffensifs chez beaucoup de personnes. La somme des moments où nous nous sommes fait agresser, à tel ou tel degré, par quelqu’un dans notre histoire personnelle, peut créer chez chacun d’entre nous un léger sentiment de devoir se défendre constamment contre tout et tout le monde. Seulement, lorsque Clarck Jannings rencontre sa secte ‘anti-sectes’, ce côté est exploité à 600% et il va s’accroître jusqu’au bout...

 

- Jusqu’au retour du plus ancien et véritable ‘agresseur’ ?...

 

[...]

 

 

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Janine Tavernier, présidente de l'UNADFI de 1993 à sa démission en 2001.
Chevalier de la légion d'honneur
Membre de l'UNADFI dès 1984


“J'ai présidé l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi, principale association antisectes) de 1993 à 2001. Lorsque j'y suis entrée, en 1984, l'association ne s'occupait ni des croyances ni des philosophies, mais simplement des personnes. J'ai toujours eu pour principe : on laisse nos croyances au vestiaire, on s'intéresse aux faits. […] L'association a été fondée par des personnes d'origine catholique, mais ouvertes. J'ai souhaité qu'on aille vers davantage d'ouverture. Petit à petit, beaucoup de francs-maçons sont entrés dans l'Unadfi, lui donnant une coloration qu'elle n'avait pas à l'origine. L'association avait été fondée par des familles touchées dans leur entourage par le phénomène sectaire. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'elle s'est politisée. […] En 2001, je sentais qu'on s'engageait dans une chasse aux sorcières. Plusieurs dérapages ont eu lieu. […] Aujourd'hui, on ne sait plus où l'on en est. Si des travaux sérieux avaient été entrepris, on y verrait plus clair. […]” Le Monde / Propos recueillis par Xavier Ternisien – Vendredi 17 novembre 2006

[…] Ce flou, cette imprécision, font qu'aujourd'hui on est plongé dans la confusion la plus totale. Les choses étant ce qu'elles sont, certains voient des sectes partout. [...] J'ai toujours été sensible aux risques de dérapage que les ADFI elles-mêmes auraient pu commettre. […] Assurément, on assiste depuis quelque temps en France à une dérive qui met en danger la liberté de croyance, ce que je condamne. […] il est temps que la France se ressaisisse dans la lutte qu'il faut mener contre de tels groupes, car sous prétexte de cette lutte légitime, certains combattent les croyances religieuses, spirituelles et philosophiques.”

Préface à l'ouvrage de Serge Toussaint, "Secte" sur ordonnance (2006)

     

                                                                                                            >  http://www.fnac.com

 

 

 

 

3. Des sectes "anti-sectes" en France?

 

« LE VRAI VISAGE DE L'ADFI »

D’après "Sectes, religions et libertés publiques"

De Christian Paturel

Éditions La Pensée Universelle (1996)

 

 

       "La plupart des mouvements "anti-sectes" européens sont des émanations de l'AFF (American Family Foundation). L'ADFI figure d'ailleurs fréquemment dans "The Advisor", une publication de l'AFF. Cette organisation anti-sectes est composée essentiellement de psychiatres marginaux : Margaret Singer, Jolly West, John Clark... [Note: l'AFF a récemment changé de nom pour "ICSA": International Cultic Studies Association. Pour ceux qui s'intéresseraient précisement à l'AFF, Barbara Boyd, Représentante de l'Etat d'Alabama, explique dans son article L’American Family Foundation (repris dans la section 4 de cette page) que l'origine de l'AFF remonte à bien plus loin que sa naissance officielle en 1979, c'est-à-dire dans les opérations secrètes de "contrôle du mental" menées par la CIA entre les années 1950 et 1970. Elle montre aussi que l'AFF a été financée en grande partie par de riches familles américaines (Watson et Pew) bien connues pour leur collaboration au sein des Etats-Unis avec Hitler et l'Allemagne nazie, et par d'autres familles d'extrême-droite. Il faut comprendre dans cet article que l'ADFI émane de l'AFF dans le sens où elle se réfère, dès sa création, aux psychiatres marginaux (principalement ceux qui travaillèrent aux programmes de "contrôle du mental" de la CIA: Clark, West et Singer) dont l'idéologie barbare donna naissance à l'AFF.]

 

       Au sein de cette structure internationale, les psychiatres occupent une place de premier plan. Ces derniers sont des spécialistes des contrôles du mental humain (hypnose, électrochocs, injection de drogues), des techniques de manipulation des foules, du "deprogramming" qui, par des pratiques diverses et violentes, vise à rétablir la "santé mentale" des individus concernés. Parmi ces psychiatres :

 

  • Ted Patrick : ancien psychologue de l'armée américaine, qui a adopté les méthodes brutales de "deprogramming" pour réinsérer dans le droit chemin les membres des "sectes" (enlèvement, séquestration, violence...).

 

  • Dr John Clark : Spécialiste du contrôle mental et ancien assistant du Dr Lindemann de la CIA. Il a été sanctionné par le Conseil de l'Ordre des Médecins du Massachusetts pour avoir interné de force une personne en raison de ses croyances religieuses. En 1983, il a proposé un plan visant à faire disparaître les "nouvelles religions". Clark dénonce les barrières juridiques des sociétés démocratiques et libérales qui se dressent pour contrarier ses conceptions personnelles. Ses travaux sont souvent cités dans les publications de l'ADFI.

 

  • Margaret Singer : Elle fut psychologue militaire et eut des problèmes avec la justice américaine, qui considéra que ses rapports de psychiatrie étaient "des jugements de valeurs déguisés sous la forme d'opinion d'expert".

 

  • Dr Louis West : Il préconisait la stérilisation des Noirs et des Hispano-américains pour lutter contre la criminalité. Il est souvent cité dans les publications de l'ADFI (ex : Bulles). Les thèses défendues par ces psychiatres suscitent l'indignation de la psychiatrie américaine : ce sont des marginaux.

 

  • Dr Robert Lifton : Défenseur acharné du "deprogramming", il est l'auteur d'un ouvrage équivoque sur les pratiques des médecins nazis dans les camps de concentration.

 

       L'ADFI est née à Rennes (France) en 1974 à l'initiative du Dr Champollion et du Psychiatre André Badiche. Elle déclare immédiatement son attachement aux théories pseudo-scientifiques des psychiatres américains : John Clark, Margaret Singer et Louis West, visant à la normalisation de la société qui serait en péril à cause des mouvements sectaires ou des nouvelles religions.

 

       On retrouve dans l'ADFI les idées qui animaient les mouvements antisémites et antimaçonniques qui firent les beaux jours du gouvernement de Vichy : dénonciation d'une minorité occulte qui détiendrait la réalité du pouvoir de la finance et qui serait à l'origine des malheurs de la société. Cette attitude a été mise en évidence par le CFSD (4 rue Burq 75018 PARIS). Les sectes ont remplacé les Juifs et la Franc-Maçonnerie, devenue inattaquable à cause de son pouvoir politique."

 

 

 

 

 

 

 

                                     La tribune de Christian Paturel

                                                                                                                 >  http://christianpaturel.com

 

 

 

 

 

 

« L'ADFI EN CAMPAGNE »

 

Extrait de "Haines d'hier et d'aujourd'hui - Campagnes anti-juifs, anti-franc-maçons, anti-sectes"

de Pierre Barrucand (Maître de recherche honoraire au C.N.R.S.)

aux Editions Spirales (1992)

 

 

 

       "Quand je vois un mouvement comme l'ADFI (Association de Défense de la Famille et de l'Individu), j'ai l'impression qu'on y rencontre surtout des personnes qui sont en proie à une obsession, une intoxication. Autrement dit, ils subissent exactement le phénomène qu'ils croient devoir dénoncer - sans le début d'une preuve - contre un certain nombre de religions plus ou moins minoritaires.

 

       Si manipulation mentale il y a, elle est le fait de l'ADFI, dont les membres s'intoxiquent mentalement eux-mêmes.

 

       [...] Mais ce qui est absolument stupéfiant, c'est de voir un mouvement confidentiel et quasi-secret comme l'ADFI être pris au sérieux par certains journalistes, voire certains milieux officiels. Elle est le pivot central d'une campagne de désinformation. C'est pourquoi cette association est redoutable et perverse. En effet, elle reproduit, presque mot pour mot, les campagnes du début de ce siècle, celles de Mgr Jouin, de l'abbé Tourmentin et de bien d'autres. Elle fonde toute son action, au mieux sur la polémique méchante, au pire sur la délation et la désinformation. On y retrouve presque les accents du journal "Au pilori !", au temps de l'Occupation.

 

       On remarque cependant une différence sérieuse entre l'ADFI et les disciples de Mgr Jouin ou de l'abbé Tourmentin. Ce mouvement a su se donner une image respectable et est parvenu à tromper la presse et même parfois les pouvoirs publics. Cette "secte" - au sens le plus péjoratif du terme - est arrivée ainsi à une certaine puissance, réalisant donc en partie les fins ténébreuses qu'elle attribue à ceux qu'elle combat, unissant avec habileté le rationalisme athée de certains et l'intransigeance doctrinale théologique d'autres, et surtout arrivant à se faire passer comme sérieuse et objective.

 

       Dans le cas de l'ADFI, j'ai eu l'impression de gens qui sont véritablement intoxiqués par leur mythologie et qui vivent dans un univers complètement fantasmatique. Je pense que Mgr Jouin, même s'il fut un brave prêtre par ailleurs, était certainement un personnage de ce genre. Je voudrais ajouter que l'ADFI est parfaite dans son rôle de secte anti-secte : c'est une espèce de structure complètement figée.

 

       Par ailleurs, les activités de l'ADFI ne sont-elles pas en contradiction formelle avec la loi antiraciste en vigueur en France ? Il est inadmissible qu'il y ait une lecture "à deux vitesses" de cette loi et que la presse accepte de répéter les accusations insensées d'une "secte anti-secte" composée de monomanes.

 

       Il est bien évident que ce que je dis ne saurait justifier en aucun cas les agissements de tel ou tel groupe qui se livrerait à des activités criminelles. Il s'agit simplement du droit de pratiquer une religion et d'exprimer ses convictions. Il faut que la presse et les pouvoirs publics deviennent conscients de la vraie nature de l'ADFI."

 

 

 

 

 

 

 

                              Association d’Aide aux Victimes des ADFI

                                                       Les buts de l’Association d’Aide aux Victimes des ADFI sont

                                                       d’offrir un soutien et des conseils juridiques aux victimes.

                                                                   >  http://aava.blogspirit.com

 

 

 

 

 

 

 

 

« UN LOBBY TRES PUISSANT : LE LOBBY CULTES » [‘contre les sectes’, de ‘cult’ = secte en anglais]

Extrait de « Lettre ouverte à la "secte des adversaires des sectes"», de Anne Morelli

aux Editions Labor (1997)

 

 

 

       "On peut certes comprendre que des drames familiaux comme celui que vécut Roger Ikor à travers la mort de son fils aient engendré des associations cultes (dans son cas, le C.C.M.M., Centre de documentation, d'éducation et d'action Contre les Manipulations Mentales, aussi appelé "Centre Roger Ikor"). Mais il me semble suspect que, à travers le monde, des milliers de personnes liées entre elles par un réseau international aux multiples ramifications vivent pour et par la chasse aux sectes.

 

       Leurs méthodes sont partout semblables : jeter le discrédit sur tous les groupes religieux en dehors des grandes religions classiques et semer à ce sujet la désinformation. La "secte des adversaires des sectes" tenaille donc particulièrement les médias et le monde politique, mais ne néglige pas non plus l'approche du monde de la recherche universitaire. En France, deux associations se partagent ce "marché", correspondant aux deux options fondamentales de la société française : l'une est laïque (CCMM) et l'autre est catholique (UNADFI) [note : l’UNADFI est l’Union Nationale des ADFI].

 

       En Belgique, ce lobby international est également représenté par des associations liées à nos « piliers» traditionnels. Le CIGS (Contacts et informations sur les groupes sectaires) est d'obédience catholique et a essaimé en province des « Associations de soutien aux familles victimes des sectes» . De l'autre côté, l'A.D.I.F. (Association de Défense des Intérêts des Familles) est liée à l'association laïque fondée en France par Roger Ikor, à un homologue luxembourgeois (CDFI Luxembourg) et à l'ADCAM (Association de Défense Contre les Agressions Mentales).

 

       Une Fédération européenne de ce business cultes est par ailleurs installée également à Bruxelles (FECRIS - Belgique). Du côté néerlandophone, la VVPG (Verdediging Van Persoon en Gezin) est une instance semi-officielle, en contact avec l'ADIF. Cette dernière recherche, à la faveur de la récente commission parlementaire, une reconnaissance officielle, le droit d'ester en justice au nom des victimes réelles ou supposées et - si possible ! - des subsides en conséquence. Elle a déjà réussi à établir des relations privilégiées avec de nombreux journalistes et a infiltré le milieu politique bruxellois. Ainsi, le dépliant « Sectes à visage découvert» , publié par l'échevine [magistrat municipal, en Belgique] des affaires sociales de Bruxelles, Carine Vyghen, avec le sous-titre avenant de « Une prison sans barreau» et la photo d'un rapace menaçant, conseille-t-il, ni plus ni moins, de s'adresser en cas de « problème» à l'ADIF ! Le pas fatal supplémentaire serait évidemment de reconnaître ce lobby et de le soutenir avec l'argent des contribuables!

 

       Une autre pratique de désinformation menée par la « secte des adversaires des sectes» est de gonfler les chiffres des adhérents à ces religions minoritaires. Ces chiffres, après douze années d'enquêtes dans ces milieux, je suis plus que jamais incapable de les préciser. En 1981, j'avais - péché de jeunesse - lancé le chiffre de 80.000, mais au fur et à mesure de nos travaux, mes certitudes se sont envolées. Le chiffre, lui, a souvent été repris. Dans chaque groupe religieux, on a tendance à les gonfler (cela donne du poids à la communauté et à ses croyances), mais curieusement, les adversaires des sectes aussi les gonflent, car la pertinence de leur « lutte» (et donc les moyens qu'ils réclament) est évidemment liée au danger potentiel que représente un groupe. Les médias aussi, pour que leur sujet apparaisse important, participent à cette surévaluation du phénomène. Or, si certaines communautés religieuses sont nombreuses, d'autres ont 10, 5 voire 3 membres. Révéler ce nombre infime serait très dévalorisant pour la "secte des adversaires des sectes".

 

       Les lobbies cultes insistent aussi sur un aspect « captation de notre belle jeunesse» , qui ne correspond guère à la réalité que nous avons pu vérifier lors de nos enquêtes de terrain. Certes, il y a des jeunes dans ces groupes, mais pas de manière « anormale» , et certains groupes sont plutôt formés de jeunes couples, de familles, de vieux soixante-huitard ou même de personnes du troisième âge qui forment une excellente «cible» lorsqu'elles ont à partager du temps, du dévouement et - ce qui ne gâche rien - un peu d'argent. Mais la vieille recette a fait ses preuves : les nouvelles religions ou philosophies doivent toujours être présentées comme les captatrices de la jeunesse. Déjà dans l'Antiquité, lors de l'affirmation du Christianisme, les auteurs païens lui reprochaient essentiellement de détourner la jeunesse de la religion traditionnelle...

 

       Lorsqu'un journaliste ne se soumet pas au schéma classique antisecte, il est aussitôt accusé de complaisance. Ainsi, les auteurs de deux documentaires Arte consacrés aux mormons sont-ils vivement critiqués par « Le Monde » . Ils auraient présenté cette religion avec trop de sympathie... [...] On comprend dès lors pourquoi les « sectes» voient rarement avec plaisir débarquer en leurs murs des journalistes, chargés dès le départ de ramener des «informations» croustillantes, sensationnelles et surtout inquiétantes..."

 

 

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Les modèles historiques de la lutte anti-sectes

Le 'délit de manipulation mentale' et son précurseur, le déli de 'plagio' créé en 1930 par Mussolini

La toute première liste des sectes interdites... par le troisième Reich le 28 février 1933

Explications et photos des documents d'origine

                                                                               >  http://www.la-liste-noire.nouvelle-religion.fr

          

  Liste des sectes de la Gestapo (traduction en anglais du document officiel)       Ordre de dissolution de la Théosophie par la Gestapo

                 interdites au nom de la "protection du peuple et de l'Etat"               20 juillet 1937 - source: archives du procès de Nuremberg       

              28 février 1933 - source: Centre de Documentation de Berlin  

 

 

 

 

4. L'AFF ou ICSA, modèle américain de la secte "anti-sectes"

 

« L’American Family Foundation »

par Barbara Boyd, Représentante de l'Etat d'Alabama (USA)

 

 

     "L’AFF est financée par l’élite financière anglo-américaine : des spéculateurs de Wall Street tels que la maison Morgan, ou la famille Watson du fondateur d’IBM, Thomas « pop » Watson, collaborateur avéré d’Hitler et de Mussolini, ou encore la Fondation Scaife d’extême droite (de Richard Mellon Scaife) qui bâtit le réseau de fondations et de think tanks qui contrôlent le parti de la guerre de Dick Cheney. L’AFF reçut aussi ses premières subventions de la Fondation Pew. Comme Watson, les membres de la famille Pew à Philadelphie furent des sympathisants d’Hitler et fondèrent secrètement des organisations pro-Hitler aux sein des US durant les années 30.

 

     Les plus grands financiers de l’AFF durant ces dix dernières années ont été la Fondation Bodman et la Fondation Achelis, fournissant plus d’un demi million de dollars. Ces deux fondations séparées ont les mêmes administrateurs et gérants et sont toutes les deux hébergées dans le cabinet d’avocats new-yorkais Morris and McVeigh. Le personnage clé de ces fondations est John Irwin III, qui en est le président et le trésorier.

 

     Irwin III, spéculateur à Wall Street et aussi propriétaire de grandes étendues de terre en Arizona et en Californie, est spécialisé dans la gestion des fondations caritatives des familles « patriciennes » de l’Amérique, incluant la fortune de son grand-père, « pop » Watson, le super-espion, collabo d’Hitler et dirigeant IBM durant les années 30. Son père, John Irwin II, fut conseiller légal international pour les intérêts Morgan et l’adjoint principal de Henry Kissinger lorsqu’il était Secrétaire d’Etat. Il a aussi été l’ambassadeur des Etats-Unis en France entre 1973 et 1974. Bien que les premières affaires d’Irwing III furent deux entreprises spécialisées dans le capital risque (Hillside Capital et Brookside), il est plus connu pour la gestion de fondations privées.

 

     En fait, chaque fondation qui sponsorise l’AFF a une longue histoire dans de sales opérations du renseignement anglo-américain. La Fondation Bodman, par exemple, a fondé l’infâme secte Nouvel Age, le Temple of Understanding (Le temple de la compréhension) aux Nations Unies, mis en place par les satanistes du Lucis Trust. A « droite », elle a financé l’International Rescue Committee du néo-conservateur Leo Cherne et de l’ancien directeur de la CIA, Bill Casey, ainsi que le Manhattan Institute, le Claremont College et d’autres nids néo-conservateurs Straussiens.

 

     Le directeur exécutif de la Fondation Bodman, Joseph Dolan, est aussi directeur exécutif de la Philanthropy Roundtable, créée par la Fondation Bradley afin de coordonner les subventions de toutes les fondations conservatrices des US de manière à imposer une hégémonie idéologique sur les campus et les institutions politiques de la nation. Une autre des fondations de John Irwing III a fait campagne publiquement, après le 11 septembre, pour le Choc des civilisations de Samuel Huntington, blanc-seing pour une guerre contre l’Islam.

 

 

 

 

     L’histoire officielle de l’AFF fait croire que l’association fut fondée en 1979 par un parent inquiet, Kay Barney, directeur retraité de Raytheon International Affairs, et par le docteur John Clark de Harvard Medical School, en réponse à la menace posée par des sectes violentes et coercitives, particulièrement à la suite des prétendus suicides de masse des membres de People’s Temple Church du révérend Jim Jones, en Guyane en 1978. En langage contemporain, cette version de l’histoire de l’AFF est ce qu’on appelle une « urban legend » (invention de toute pièce). En réalité, le business de l’AFF est le contrôle mental. Trois de ses « experts », Robert J. Lifton, Louis Jolyon « Jolly » West et Margaret Singer ne se sont pas contentés d’étudier le contrôle mental, ils ont pratiqué le conditionnement coercitif digne des docteurs nazis lors de leurs abominables expérimentations secrètes entreprises par la CIA et par le renseignement militaire à travers le projet MK-Ultra [programme secret de contrôle du mental mené par la CIA à partir des années 50 (drogue, hypnose, LSD...)]. Un quatrième expert de l’AFF, le rabbin Maurice Davis, lui aussi, un ancien du projet MK-Ultra, financa, lors du décollage de la secte à Indianapolis, le psychotique révérend Jim Jones.

 

     En 1977, lorsqu’une série d’audiences du Congrès, qui eurent lieu au Sénat et à la Chambre des Représentants, forcèrent la CIA et ses sbires à mettre fin aux programmes secrets de contrôle mental, Lifton, Singer, West et quelques autres qui avaient travaillé pendant des années en tant qu’employés de la CIA furent remerciés. Ils trouvèrent une nouvelle famille au sein de l’AFF.

 

     Pour bâtir financièrement l’AFF, un vaste effort de financement a vu le jour, en particulier quand un certain nombre d’enfants de l’élite ont sauté les barrières de classe en plongeant dans la contre-culture, rejoignant la secte Moon, les Krishnas, la Scientologie et autres entités similaires, nées de l’explosion des phénomènes sectaires dans les années 70. Pour chaque nouvelle expérimentation de l’irrationnel produite par L’Age du Verseau se créait un inquisiteur tout aussi irrationnel qui affinait et jouait avec les nouvelles structures de croyance.

 

     Le rôle de l’AFF, en perpétuant la tradition du contrôle mental de MK-Ultra, n’est pas surprenant. Une faction de l’establishment financier a toujours préféré les opérations de renseignement sous contrôle privé plutôt que sous contrôle du gouvernement. En fait, après la seconde guerre mondiale, le grand-père de John Irwing III, « Pop » Watson, projeta la création de ce type d’empire privé de renseignement. « Un sous-directeur du Bureau des Services stratégiques » approcha Watson « avec une proposition commerciale » écrit R.Harris Smith dans son livre OSS. « Pourquoi ne pas former une organisation privée de renseignement et offrir ses services au gouvernement sous forme de contrats ? Les deux hommes augmentèrent le capital initial pour le projet… » Cependant, le projet fut mis sur la touche en raison d’une loi fédérale : la National Security Act de 1947, qui avait déjà été élaborée pour fonder la CIA. Comme le montre l’affaire Iran-Contra dans les années 80, qui en est une illustration plus récente, l’establishment financier n’a jamais abandonné son engagement envers les opérations de renseignement privé.

 

     L’AFF est précisément ce genre d’opération privée qui fonctionne, en fait, comme un appareil de contrôle d’expérimentations psychiatriques en direct, conduites par un réseau de « kidnappeurs à gage », d’escrocs et de croque-morts, des êtres ayant un cerveau limité et un casier judiciaire bien rempli, qui revendiquent leur savoir faire en matière de « déprogrammation » de membres de sectes en appliquant des techniques musclées de conditionnement psychologique, tout en restant à l’abri des poursuites judiciaires contre ce genre de pratiques.

 

     Ces « déprogrammeurs » opèrent de concert avec un certain nombre d’entités impliquées dans le « prêt » de criminels et de mercenaires, activité qui constitue peut-être le plus grand réseau de professionnels du kidnapping de toute l’histoire de l’Amérique moderne. Souvent, ces opérations d’enlèvements recoupaient les activités de certaines branches corrompues de l’appareil judiciaire ou de la communauté du renseignement, permettant ainsi à certains criminels d’échapper à la Justice.

 

     Les membres de la Jewish Defense League (JDL), une organisation dont les membres israéliens sont sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’Etat et qui constituent un potentiel terroriste pur et dur, sont employés par les « déprogrammeurs » liés à l’AFF. La secte des Loubavitchs, le club de motards Hells Angels et les anciennes Special Forces (US) ainsi que les unités de commandos britanniques Special Air Services (SAS) ont aussi été employés dans des opérations d’enlèvement. Par exemple, Galen Kelly, le roi des déprogrammeurs, qui n’avait aucune formation professionnelle en psychologie ou autre, et qui se servit des terroristes de la JDL dans ses enlèvements et ce, jusqu’en 1990, était si vénéré par ses sponsors qu’il se vit offrir un siège comme membre du conseil du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA). Le vice-Président Dick Cheney en était un autre membre.

 

     L’AFF, et l’association dans son orbite direct, le Cult Awareness Network (CAN) [...] sont entrés dans une période de turbulences au cours des années 90. La secte CAN et son déprogrammeur, Rick Ross, ont été accusés par un jury fédéral de conspiration et violations des droits civils pour l’enlèvement et pour la déprogrammation abusive de Jason Scott, précipitant le CAN dans la faillite. On fit une enquête sur Galen Kelly et des poursuites furent engagées au niveau fédéral pour ce que les procureurs fédéraux appelèrent « une industrie pur et simple d’enlèvements à gage ». On révéla que l’ADL ['Anti-Defamation League' ou 'Ligue Anti-Diffamation', organisation de lutte mondiale contre la contestation des politiques guerrières d'Israël] mettait en place une opération gigantesque d’espionnage politique privé, en collectant des informations sur des milliers d’Américains et sur des groupes présumés subversifs ou qui pouvaient être une menace potentielle pour les politiques de la droite folle du Likoud en Israël. [...]

 

     Le résultat de ces scandales, dans lesquels les procureurs fédéraux ont montré que le CAN n’était rien de plus qu’une bande d’extorqueurs et d’escrocs manipulants les émotions de parents désespérés, ainsi que la mort de Margaret Singer, de l’ancien président de l’AFF, Herbert Rosedale, et d’autres personnes, ont fait que les réseaux de l’AFF et de la CAN ont été réorganisés. Les « déprogrammeurs » se qualifient eux-mêmes aujourd’hui de « conseillers de sortie » et « d’interventionnistes » et abjurent les techniques du passé.

 

     Le label « Cult Awareness Network » a été acheté par la Scientologie lors de la faillite du CAN et les anciennes sommités de l’organisation opèrent à présent sous différentes identités et sur différents sites internet. Mais l’AFF a recruté de nouveaux membres et a formé un comité international de conseillers qui est présent au Mexique, en Espagne, en Grande Bretagne et dans d’autres pays d’Europe et qui fonctionne sur un nouveau mode plus agressif.

 

     Un bref aperçu sur les « professionnels » qui conseillèrent l’AFF et le CAN permettra de mieux saisir la nature du projet :

 

  • Le rabbin Maurice Davis : conseiller de l’AFF et du CAN, a participé au programme de contrôle mental MK-Ultra à Lexington (Kentucky). Il a sponsorisé le développement de la secte de Jim Jones à Indianapolis avant que celui-ci ne parte pour la Guyane et que s’ensuive le suicide de masse.

 

  • Louis Jolyon « Jolly » West : conseiller de l’AFF, psychiatre qui a participé aux expérimentations avec le LSD et au programme de contrôle mental au sein du projet MK-Ultra en Oklahoma. West écrivit que le gouvernement devrait fournir de la drogue de manière à contrôler les populations. « Cette méthode, proposée par Aldous Huxley dans Le Meilleur des Mondes montre l’élément au pouvoir se servant des drogues de manière sélective afin de manipuler les gouvernés dans différentes directions. » West collabora directement avec Huxley sur les expérimentations avec la drogue dans les années 50 jusqu’au début des années 60. En 1961, dans un discours à la California Medical School de San Francisco, Huxley élabora sa vision : « Il existera aux alentours de la prochaine génération une méthode pharmacologique qui fera aimer aux gens leur servitude et qui produira une dictature sans larmes, c’est-à-dire une sorte de camps de concentration sans douleur pour des sociétés entières, de telle manière que les gens seront privés de liberté mais qu’ils en seront contents », apaisés par un « lavage de cerveau amélioré par des méthodes pharmacologiques ». Après les émeutes raciales de 1960 aux Etats Unis, West fit la promotion de l’implantation d’électrodes dans le cerveau des gens et de la castration chimique pour contrôler la violence et l’activité politique.

 

  • Dr Margaret Singer : Conseillère de l’AFF et du CAN. Singer débuta comme psychiatre de l’Armée Américaine, étudiant la société chinoise, les vétérans de la guerre de Corée et les prisonniers de guerre en collaboration avec A.H. Schein et Robert J.Lifton dans les années 50. L’élan pour ces études lui venait d’un compte rendu à sensation du « journaliste » Edward Hunter au sujet « Du Lavage de Cerveau en Chine communiste (rouge), la destruction calculée de l’esprit des Hommes » et de comptes rendus ultérieurs sur les méthodes coréennes de « lavage de cerveau ». Hunter travailla pour l’ Office of Policy Coordination (OPC) de Franck Wisner à la CIA. Sa campagne de propagande servit à justifier entièrement le programme MK-Ultra. D’un autre côté les écrits de Singer était cités par la Society for the Study of Human Ecology, Inc., une couverture pour la CIA opérant en même temps que le CLC ['Congrès pour la Liberté de la Culture']. Singer et Jolly West collaborèrent souvent, notamment sur la mise en place de la « culture » hippie basée sur la drogue nommée Haight Ashbury en interviewant des hippies complètement drogués au sujet de leurs expériences « religieuses » obtenues par le LSD. Le LSD provenait de la CIA et de projets de renseignement qui s’y rattachent.

 

  • Eugene Methvin : un des premiers membres du conseil de l’AFF et éditeur du Reader’s Digest. Methvin fut un des principaux promoteurs, au cours des années 50 et 60, de l’utilisation d’organisations privées pour faire le sale boulot du gouvernement contre des « menaces subversives ». Methvin croyait que les méthodes de l’Anti Diffamation League du B’nai B’rith (ADL) employant la méthode de « culpabilité par association » et de « calomnie » pour obtenir l’opinion populaire désirée contre des groupes et des individus désignés, étaient les prototypes « d’attaque » appropriés.

 

     Alors que l'argent des fondations et l'attention des médias alimentaient l'activité de l'AFF, les théories sur la coercition psychologique et les phénomènes de sectarisme avancées par Singer et l'AFF étaient sans cesse rejetées pour être sans fondement scientifique, en particulier par l'American Psychological Association (APA)."

 

 

 

 

 

 

       >    http://www.solidariteetprogres.org

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article 11

1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.

(...)

Article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.


 

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (Organisation des Nations Unies, 1948)

 

 

 

 

 

5. Mouvements "anti-sectes" aux USA et en France

 

       D’après le CESNUR - Le C.E.S.N.U.R. (Centre d'études sur les nouvelles religions) est un réseau international d'associations de spécialistes des nouveaux mouvements religieux dirigé par l'historien et sociologue italien Massimo Introvigne. Il est indépendant de tout groupe, mouvement ou association religieuse.

 

 

 

 

« Les mouvements anti-sectes aux États-Unis et en France: parallèles et différences »

par Massimo Introvigne, directeur du CESNUR

 

 

      Extraits du site http://www.cesnur.org - où vous retrouverez le texte intégral.

       

 

 

« Mouvements “contre les sectes” et “anti-sectes”

 

       Tous les ennemis des “sectes” (mot que plusieurs spécialistes universitaires ont tendance à ne pas utiliser, en préférant pour plusieurs raisons “nouveaux mouvements religieux”) ne se ressemblent pas. Le front des ennemis des “sectes” n’est pas unitaire. La majorité des spécialistes qui l’ont étudié sont d’accord pour distinguer deux sous-mouvements: un mouvement “contre les sectes” (counter-cult movement) d’origine chrétienne et un mouvement “anti-sectes” (anti-cult movement) d’origine laïque. La distinction a été tout d’abord le fait des spécialistes (surtout J. Gordon Melton aux États-Unis et le soussigné en Europe) [5]. Elle a cependant été acceptée non seulement dans les milieux universitaires, mais également, aux États-Unis et dans certains pays européens, par les plus grandes organisations contre les sectes - notamment le Christian Research Institute (CRI) fondé par Walter Martin (1928-1989) et le Dialog Center International, présidé par le pasteur luthérien Johannes Aagaard à Aarhus [6], au moins dans sa branche danoise - et elle est désormais courante dans les milieux chrétiens évangéliques aux États-Unis. Par contre, cette distinction - d’ailleurs évidente - ne se retrouve pas dans les publications du mouvement anti-sectes, dont les organisations aiment s’afficher comme représentantes de tous ceux qui s’opposent aux “sectes”, d’un point de vue soit religieux, soit laïc.

 

       Les différences principales entre mouvements contre les sectes et anti-sectes se situent sur trois terrains: la définition de l’adversaire, les stratégies, les rapports avec les Églises. Pour un mouvement d’opposition, la définition de l’adversaire est, bien entendu, capitale. Or, la définition de “secte” (ou cult en anglais) n’est pas identique dans les mouvements contre les sectes et anti-sectes. La différence capitale est la distinction entre agissements (deeds) et croyances (creeds) que souligne le mouvement anti-sectes, et qui est généralement refusée par le mouvement contre les sectes. “Nous nous occupons seulement des agissements, et non pas des croyances” est le slogan courant du mouvement anti-sectes. Mais, aux yeux du mouvement contre les sectes chrétien, cette position ne peut pas être retenue. Bien au contraire, si nous écoutons Johannes Aagaard, “il faut se rendre compte qu’une croyance est déjà un comportement. Si l’on veut arrêter les comportements erronés, il faut tout d’abord réagir contre les croyances erronées. Mais cela rend nécessaires d’autres croyances [...] Aagaard [8] fait observer que le mouvement anti-sectes a aussi son orthodoxie à défendre, celle du secular humanism ou d’une laïcité conçue comme au 19e siècle. Certes, cette observation n’est pas valable pour tous les mouvements anti-sectes, mais peut-être Aagaard n’a-t-il pas tort, si l’on considère les positions de la porte-parole la plus connue du mouvement laïc anti-sectes aux États-Unis, la psychiatre Margaret Singer. En témoignant contre les dévots de Krishna devant un tribunal californien, elle déclarait que, pour elle, “les croyances n’ont aucune importance” [9] . Mais, dans un entretien accordé au journal d’un mouvement contre les sectes chrétien, elle déclarait considérer comme “sectaires” (cultic) et dangereuses les positions des mouvements religieux qui se situent “en dehors du monde de la science, du libéralisme et du rationalisme”, car “contraires à notre compréhension scientifique générale de la causalité”[10] [..]. On comprend comme certains mouvements anti-sectes ont pu être accusés de s’intéresser aussi, nonobstant leurs négations, aux croyances, évaluées selon une orthodoxie qui n’est pas celle de la Bible, mais plutôt celle du “libéralisme”, du “rationalisme” ou de la “science”. C’est ce qui alimente les soupçons du mouvement contre les sectes.  [...]

 

 

       En deuxième lieu, les stratégies du mouvement anti-sectes et du mouvement contre les sectes ne se ressemblent pas. C’est que le but est, en soi, différent. Pour le mouvement anti-sectes, il suffit de “libérer” la “victime” de la secte sans trop se soucier de ses croyances religieuses à venir. En critiquant le mouvement anti-sectes, la revue du Christian Research Institute - le plus important mouvement chrétien contre les sectes aux États-Unis - écrivait en 1992 que “pour les chrétiens, la préoccupation authentique et principale est toujours la vie éternelle. En effet, quel bon résultat a-t-on obtenu si les gens sont soustraits aux sectes, mais leurs nécessités spirituelles - qui, précisément, les avaient conduits dans les sectes - et leurs demandes sur le salut éternel demeurent sans réponse?” [11]. La stratégie du mouvement contre les sectes est typiquement apologétique, et recommande de ne jamais se limiter à la critique des “sectes” sans présenter les vérités chrétiennes qui s’opposent à chaque erreur “sectaire”. Dans la pratique, cela veut dire aussi que le mouvement contre les sectes est de moins en moins favorable à la répression légale et policière des sectes et à des interventions “dures” comme la déprogrammation ou même la forme plus modérée qu’on appelle aux États-Unis exit counseling. D’une part, on estime l’utilité pastorale - c’est-à-dire la possibilité de faire revenir les adeptes des “sectes” à l’orthodoxie chrétienne - de ces mesures radicales comme quasiment nulle. D’autre part, on craint de plus en plus que tant des lois que la déprogrammation ou l’exit counseling puissent être utilisés - ce qui est déjà arrivé - contre des groupes évangéliques, notamment fondamentalistes, ou catholiques.

 

       Ces observations nous amènent à la troisième différence principale entre mouvements contre les sectes et anti-sectes: les rapports avec les Églises. Si le mouvement contre les sectes a développé ses préférences quant aux groupes à inclure dans la définition de la “secte”, il a suivi un même parcours en ce qui concerne les exclusions. Pour les mouvements contre les sectes protestants, si un groupe est normalement accepté dans les milieux évangéliques et si sa doctrine ne contredit pas l’orthodoxie chrétienne traditionnelle, il n’est pas question de le considérer comme une “secte” même si, par exemple, son prosélytisme est très actif et les chefs exercent une forte autorité sur les fidèles. C’est le cas, notamment, des Jews for Jesus aux États-Unis, qui figurent souvent dans les listes des cults des mouvements anti-sectes et dont les mouvements contre les sectes prennent en général la défense. Il existe aussi des mouvements contre les sectes catholiques (comme le GRIS en Italie); ils se refusent à considérer comme “secte” tout groupe catholique qui n’a pas fait l’objet d’une condamnation formelle de l’autorité ecclésiastique ou dont l’Église de Rome prend même la défense. C’est le cas, tout particulièrement, de l’Opus Dei et de certaines communautés issues du Renouveau charismatique, attaquées par certains mouvements anti-sectes laïcs, mais qu’aucun mouvement contre les sectes catholique ne songerait à considérer comme “secte”.

 

       Il est nécessaire d’insister ici sur le fait que la différence entre mouvement contre les sectes et anti-sectes n’est pas subjective, mais objective. [...] La différence ne concerne pas l’origine ou la foi subjective des membres du tel ou tel autre mouvement. Si l’attention se porte en priorité sur les croyances, il s’agit d’un mouvement contre les sectes. Si, par contre, l’on déclare que les croyances n’ont aucun intérêt pour la définition d’une “secte”, mais qu’il faut se concentrer sur les agissements, nous sommes en présence d’un mouvement anti-sectes.

 

       Ces dernières années, certains mouvements contre les sectes chrétiens – surtout en Europe, mais aussi aux Etats-Unis – ont été de plus en plus influencés par les mouvements anti-sectes laïcs [13]. Les mouvements chrétiens très souvent ne comptent pas parmi leurs dirigeants des professionnels, et ont donc un certain complexe d’infériorité vis-à-vis de la “professionnalisation” des milieux laïcs. Attaqués par leurs adversaires, les mouvements chrétiens ont aussi eu besoin d’avocats spécialisés, qui souvent ne se trouvent que dans le mouvement anti-sectes laïc. On voit donc de plus en plus des mouvements contre les sectes chrétiens, tout en gardant leur intérêt distinctif pour la théologie, utiliser également des arguments et un langage typique du mouvement anti-sectes. D’autres mouvements contre les sectes chrétiens se méfient par contre de ce rapprochement, multiplient les attaques contre le secular humanism, et cherchent l’explication du succès des “ sectes ” surtout dans la démonologie, ce qui les éloigne davantage des mouvements anti-sectes laïcs. »

 

 

 

 

 

5. Pour une discussion de l’historique de la distinction et une bibliographie, voir mon étude "The Secular Anti-Cult and the Religious Counter-Cult Movement: Strange Bedfellows or Future Enemies?", in R. Towler (dir.), New Religions and the New Europe, op. cit., pp. 32-54.

6. Voir Hank Hanegraaf, Christianity in Crisis, Harvest House, Eugene (Oregon) 1993, et - pour le Dialog Center International - Johannes Aagaard, "A Christian Encounter with New Religious Movements & New Age", Update & Dialog, vol. 1, n. 1 (1991), pp. 19-23.

8. J. Aagaard, op. cit., pp. 21-22.

9. Margaret Singer, "Expert Witness Testimony", George v. ISKCON, 22-75-65

Orange County California Supreme Court, vol. 5 (1985), pp. 452-453.

10. Margaret Singer, "Interview", Spiritual Counterfeits Newsletter, n. 2

(mars-avril 1984), pp. 6, 12.

11. William M. Alnor et Ronald Enroth, "Ethical Problems in Exit Counseling", Christian Research Journal, vol. 14, n. 3 (1992), pp. 14-19.

13. Voir mes études : "L’évolution du ‘mouvement contre les sectes’ chrétien 1978-1993", op. cit.; "The Secular Anti-Cult and the Religious Counter-Cult Movement: Strange Bedfellows or Future Enemies?", op. cit.

 

 

 

                                      Les interviews en vidéo

 

 

     Sur le site du CICNS, Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités, indépendant de tout groupe religieux ou autre, retrouvez l'excellente page d'interviews en vidéo d'avocats, d'anthropologues, de maires, d'écrivains, de sociologues, de maîtres de conférences et professeurs d'universités, et de journalistes, que vous pouvez télécharger gratuitement, et qui expriment une vision différente sur la 'question (ou 'non-question'?) des sectes'.

 

     Massimo Introvigne, directeur du CESNUR, Anne Morelli, historienne, Christian Paturel, avocat, et Pierre Barrucand, anthropologue, que nous avons cités sur cette page, font partie des interviews disponibles.

 

       > Cliquez sur le lien suivant: http://www.sectes-infos.net

 

 

  

 

 

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Roman

CIMAISE                                                          -                                                          PHOTO.fr