Réalisant l’expression selon laquelle « l’art commence là où s’arrêtent les mots », la peinture d’Eric Bourdon est un univers graphique avec son langage, sa signification et ses motivations propres.
Les autres grilles d’interprétation ne retiendront ainsi de la multiplicité de ses oeuvres que l’illusion d’un itinéraire trouble, incontrôlé et insaisissable. Dans les toiles d’Eric Bourdon, s’étonnait par exemple le culturaliste Paul Masquelier, « le chaos l’emporte sur le sens ».
L’univers graphique d’Eric Bourdon n’est assurément pas celui du sens et du langage, si ce n’est le sens du trait et le langage des couleurs. Car aucune interprétation intellectuelle n’atteint le coeur du processus créatif en action.
Autrement dit, ce n’est pas la moindre des qualités d’un peintre et d’un créateur que de savoir se rendre aveugle à certaines parties de son être, pour se réserver au seul plaisir des yeux...